Chambres d'hôtes : 21,2 % de cotisations sociales en 2026, ce qui a changé et ce que le budget 2027 pourrait corriger

Chambres d'hôtes : 21,2 % de cotisations sociales en 2026, ce qui a changé et ce que le budget 2027 pourrait corriger

fiscalitéchambres d'hôtesactualité

Depuis le 1er janvier 2026, une chambre d'hôtes en micro-entreprise verse 21,2 % de ses recettes d'hébergement en cotisations sociales, contre 12,3 % jusqu'en 2025. Même activité, même déclaration, taux presque doublé. D'où vient ce changement, qui il touche, et où en est la correction votée à l'Assemblée le 30 octobre.

Ce qui a changé le 1er janvier 2026

La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a changé la catégorie fiscale des chambres d'hôtes : leurs recettes d'hébergement relèvent désormais des « prestations de services » et non plus des « ventes de marchandises ». Or le taux du micro-social dépend de cette catégorie. L'Urssaf en tire les conséquences depuis le 1er janvier 2026, après une année de tolérance en 2025 :

  • le chiffre d'affaires se déclare dans la rubrique « prestations de services commerciales ou artisanales » ;
  • le taux de cotisations passe de 12,3 % à 21,2 % ;
  • le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, pour ceux qui l'ont choisi, passe à 1,7 % ;
  • l'abattement fiscal pour frais passe à 50 %.

Ces points figurent sur la page « Auto-entrepreneur loueur en meublé » de l'Urssaf et sur la fiche service-public.fr correspondante.

6 % pour un gîte classé, 21,2 % pour une chambre d'hôtes

Un meublé de tourisme classé en micro-entreprise cotise à 6 %, taux inchangé en 2026. Une chambre d'hôtes, petit-déjeuner compris dans la nuitée, cotise à 21,2 %. Sur 10 000 € de recettes, l'écart représente 1 520 € par an, pour une activité qui, par définition, ne dépasse pas cinq chambres. Le tableau des taux 2026 est dans l'essentiel du statut d'auto-entrepreneur, sur le site de l'Urssaf.

Qui est concerné, et à partir de quand

  • Les chambres d'hôtes en micro-entreprise. C'est le taux du régime micro-social qui change. Au régime réel, les cotisations se calculent sur le bénéfice, pas sur les recettes.
  • Dès un revenu modeste. L'affiliation à l'Urssaf devient obligatoire quand le revenu net de l'activité dépasse 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 6 248 € en 2026, ou 12 496 € de chiffre d'affaires en micro-entreprise.
  • Pas la table d'hôtes. Les repas restent dans la catégorie « ventes ». Seules les recettes d'hébergement changent de case.
  • Le plafond du micro. Au-delà de 77 700 € de recettes deux années de suite, vous basculez au régime réel.

Les hôtes contestent cette lecture, qui leur applique une réforme pensée pour les meublés de tourisme. L'Urssaf l'applique quand même.

Combien de maisons sont touchées

Il n'existe pas de statistique officielle. Le 23 décembre 2025, The Connexion citait une responsable du secteur évaluant à environ 21 000 le nombre de chambres d'hôtes en France, dont la moitié serait concernée. Une hôte bretonne y expliquait qu'à 75 € la nuit avec petit-déjeuner, son bénéfice par client passerait de 16 € à 6 €. L'Association nationale des chambres d'hôtes affirme que 60 % des maisons seraient menacées : un chiffre d'association, pas une statistique publique.

Le deuxième coup : l'abattement fiscal

La même loi a ramené l'abattement micro-BIC des chambres d'hôtes de 71 % à 50 %, et le plafond de recettes de 188 700 € à 77 700 €, dès les revenus 2025. La part des recettes soumise à l'impôt sur le revenu passe donc de 29 % à 50 %. Le gouvernement a confirmé cette lecture dans sa réponse du 20 mai 2025 à la question écrite n° 6664, en renvoyant les hôtes dont les charges dépassent l'abattement vers le régime réel.

Budget 2027 : ce que l'Assemblée a voté le 30 octobre

Le 8 octobre 2026, la commission des finances avait adopté un amendement du député Iñaki Echaniz rétablissant l'abattement de 71 % pour les chambres d'hôtes. Mais la commission a ensuite rejeté l'ensemble de la partie « recettes », et tout s'est rejoué en séance.

Le 30 octobre, les députés ont adopté l'amendement n° I-540 du député Frédéric Falcon, par 37 voix contre 35, contre l'avis du gouvernement. D'après son exposé des motifs, il rétablit pour les gîtes ruraux, les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes le régime d'avant la loi Le Meur : 71 % d'abattement et le plafond de la catégorie « ventes ». Les amendements concurrents, limités aux chambres d'hôtes et gîtes ruraux à compter du 1er janvier 2027, sont tombés (compte rendu de la séance).

Deux réserves de taille :

  • Rien n'est acquis. Un amendement ne vaut que si la première partie du budget est votée. Le vote solennel prévu le 3 novembre a été reporté, faute d'avoir épuisé les amendements, et LCP juge un rejet probable. L'Assemblée doit se prononcer avant le 17 novembre ; en cas de rejet, le Sénat reçoit le texte initial du gouvernement, sans cet amendement.
  • L'amendement porte sur l'impôt, pas sur les cotisations. Le taux de 21,2 % découle de la catégorie fiscale. Si l'amendement survivait, un retour à 12,3 % se discuterait, mais aucun texte ne le prévoit.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  1. Vérifiez votre déclaration Urssaf. Depuis janvier, vos recettes d'hébergement se déclarent en prestations de services.
  2. Comparez micro et réel. Au réel, vous déduisez vos charges effectives : travaux, énergie, amortissement, assurance. Quand elles dépassent la moitié des recettes, le réel est souvent plus avantageux. Un expert-comptable fera le calcul.
  3. Refaites vos prix 2027 avec le bon taux. Une nuitée calculée avec 12,3 % de cotisations ne tient plus à 21,2 %.
  4. Suivez le budget jusqu'en décembre. La règle pour 2027 ne sera connue qu'à la promulgation de la loi de finances.

Ce qu'Otizi fait pour vous

Dans Otizi, chaque réservation distingue l'hébergement, les options (petit-déjeuner, repas, linge) et la taxe de séjour, sur le contrat comme sur la facture. L'export de vos réservations donne les montants par période, de quoi déclarer les bonnes recettes dans la bonne rubrique, et vos factures restent exportables pour le comptable qui comparera micro et réel.

Questions fréquentes

Mon activité est petite, suis-je obligé de m'affilier à l'Urssaf ?

Oui dès que le revenu net de l'activité dépasse 13 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 6 248 € en 2026. En dessous, vous déclarez vos recettes aux impôts mais ne cotisez pas.

Le taux de 21,2 % s'applique-t-il à la table d'hôtes ?

Non. Les repas restent dans la catégorie des ventes, à 12,3 %. Déclarez-les séparément de l'hébergement.

Si le budget 2027 rétablit l'abattement de 71 %, à partir de quand ?

Tout dépend du texte final. L'amendement adopté le 30 octobre ne fixe pas de date ; les amendements concurrents visaient le 1er janvier 2027. Aucune version ne revient sur les revenus 2025 ni 2026.

Article à visée d'information. Références : Urssaf, loueur en meublé, Urssaf, l'essentiel du statut, service-public.fr, F39451, Compta Online, The Connexion, 23 décembre 2025, QE n° 6664, amendement I-540, compte rendu du 30 octobre 2026, LCP, 3 novembre 2026.

Moins d'administratif, plus de réservations directes

Otizi centralise vos réservations, synchronise vos calendriers et automatise contrats, factures et messages. Essai gratuit de 14 jours, sans engagement.

Essayer gratuitement

Essayez Otizi gratuitement pendant 14 jours

Sans engagement, puis 50 € HT par mois. 0 % de commission sur vos réservations directes.

Essayer gratuitement