
Dans cet article
Depuis le 1er janvier 2026, une chambre d'hôtes en micro-entreprise verse 21,2 % de ses recettes d'hébergement en cotisations sociales, contre 12,3 % jusqu'en 2025. Même activité, même déclaration, taux presque doublé. D'où vient ce changement, qui il touche, et où en est la correction votée à l'Assemblée le 30 octobre.
La loi du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur, a changé la catégorie fiscale des chambres d'hôtes : leurs recettes d'hébergement relèvent désormais des « prestations de services » et non plus des « ventes de marchandises ». Or le taux du micro-social dépend de cette catégorie. L'Urssaf en tire les conséquences depuis le 1er janvier 2026, après une année de tolérance en 2025 :
Ces points figurent sur la page « Auto-entrepreneur loueur en meublé » de l'Urssaf et sur la fiche service-public.fr correspondante.
Un meublé de tourisme classé en micro-entreprise cotise à 6 %, taux inchangé en 2026. Une chambre d'hôtes, petit-déjeuner compris dans la nuitée, cotise à 21,2 %. Sur 10 000 € de recettes, l'écart représente 1 520 € par an, pour une activité qui, par définition, ne dépasse pas cinq chambres. Le tableau des taux 2026 est dans l'essentiel du statut d'auto-entrepreneur, sur le site de l'Urssaf.
Les hôtes contestent cette lecture, qui leur applique une réforme pensée pour les meublés de tourisme. L'Urssaf l'applique quand même.
Il n'existe pas de statistique officielle. Le 23 décembre 2025, The Connexion citait une responsable du secteur évaluant à environ 21 000 le nombre de chambres d'hôtes en France, dont la moitié serait concernée. Une hôte bretonne y expliquait qu'à 75 € la nuit avec petit-déjeuner, son bénéfice par client passerait de 16 € à 6 €. L'Association nationale des chambres d'hôtes affirme que 60 % des maisons seraient menacées : un chiffre d'association, pas une statistique publique.
La même loi a ramené l'abattement micro-BIC des chambres d'hôtes de 71 % à 50 %, et le plafond de recettes de 188 700 € à 77 700 €, dès les revenus 2025. La part des recettes soumise à l'impôt sur le revenu passe donc de 29 % à 50 %. Le gouvernement a confirmé cette lecture dans sa réponse du 20 mai 2025 à la question écrite n° 6664, en renvoyant les hôtes dont les charges dépassent l'abattement vers le régime réel.
Le 8 octobre 2026, la commission des finances avait adopté un amendement du député Iñaki Echaniz rétablissant l'abattement de 71 % pour les chambres d'hôtes. Mais la commission a ensuite rejeté l'ensemble de la partie « recettes », et tout s'est rejoué en séance.
Le 30 octobre, les députés ont adopté l'amendement n° I-540 du député Frédéric Falcon, par 37 voix contre 35, contre l'avis du gouvernement. D'après son exposé des motifs, il rétablit pour les gîtes ruraux, les meublés de tourisme classés et les chambres d'hôtes le régime d'avant la loi Le Meur : 71 % d'abattement et le plafond de la catégorie « ventes ». Les amendements concurrents, limités aux chambres d'hôtes et gîtes ruraux à compter du 1er janvier 2027, sont tombés (compte rendu de la séance).
Deux réserves de taille :
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Oui dès que le revenu net de l'activité dépasse 13 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 6 248 € en 2026. En dessous, vous déclarez vos recettes aux impôts mais ne cotisez pas.
Non. Les repas restent dans la catégorie des ventes, à 12,3 %. Déclarez-les séparément de l'hébergement.
Tout dépend du texte final. L'amendement adopté le 30 octobre ne fixe pas de date ; les amendements concurrents visaient le 1er janvier 2027. Aucune version ne revient sur les revenus 2025 ni 2026.
Article à visée d'information. Références : Urssaf, loueur en meublé, Urssaf, l'essentiel du statut, service-public.fr, F39451, Compta Online, The Connexion, 23 décembre 2025, QE n° 6664, amendement I-540, compte rendu du 30 octobre 2026, LCP, 3 novembre 2026.
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